samedi, décembre 15, 2007

Visite de Wuhan (武汉) - Partim 2

Wuhan (武汉) est le chef-lieu de la province de Hubei (湖北) au centre de la Chine.

C'est la douzième plus grandes villes de Chine, elle a le statut administratif de ville sous-provinciale. Sa population est de 8 millions d'habitants. Des paysages variés : montagnes, lac, fleuve, à la fois très moderne, avec par exemple le centre ville et ses gratte-ciel, et chargée d'histoire. Wuhan est en fait composée de trois villes situées de part et d'autre du Chang Jiang : Hankou, où se trouve le centre des affaires, Hanyang et Wuchang.
Wuchang, capitale de l’empire Wu au 3e siècle, est la plus ancienne des villes composant Wuhan. Hanyang est fondée sous la dynastie Sui (589-618) et Hankou, connue alors sous le nom de Hsia-k’ou, sous la dynastie Sung (960-1279).
Le Hubei faisait jadis partie de l’ancien royaume méridional de Chu. Il fut absorbé par les Chinois sous la dynastie Han. Il devint dès le 11e siècle une importante région rizicole alimentant le nord de la Chine. Au cours du 19e siècle, les ports situés le long du Yang-tseu-kiang prospérèrent et s’industrialisèrent avec le développement du commerce européen.
C'est également la ville où a commencé en octobre 1911 le soulèvement de Wuchang (武昌起義 wǔchāng qǐyì), ayant mené au pouvoir Sun Yat-sen, leader de la première révolution chinoise, transformant ainsi le pouvoir impérial de la dynastie Qing en République de Chine.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville fut durement éprouvée par l'armée showa (japonais) qui utilisa entre autres les armes chimiques à 375 reprises afin de s'assurer du contrôle de la région à l'automne 1938. En dépit de la violence des moyens utilisés, l'occupation japonaise ne fut toutefois complétée qu'à l'été 1939.
La province est un grand carrefour, au croisement de la voie ferroviaire Canton-Pékin, avec la grande artère fluviale de la Chine centrale qu’est le Yang-tseu-kiang. Les villes sont des ports fluviaux très actifs. Cette localisation a favorisé un développement industriel moderne : complexe sidérurgique de Daye, construction mécanique, chimie, textile (tissage du coton), cimenteries. La plupart de ces industries sont concentrées dans l’énorme agglomération de Wuhan, l’un des principaux centres industriels de la Chine.
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Visite de Wuhan (武汉) - Partim 1

A Hangzhou, il y a le Xihu (lac de l'ouest) et à Wuhan, il y a le Dondhu (东湖, lac de l'est).

Situé dans la banlieue est de Wuhan, le Lac de l'est (33 km2, soit six fois plus grand que le lac de l'ouest) est un célèbre site touristique de la ville et du pays. Il y a là, autour de lac, de nombreux sites touristiques, le pavillon à l'écoute des clapotis des vagues, la salle commémorative du grand poète Qu Yuan (340-278 av. J.C.) et le pavillon de l'Éclat du lac.

磨山景区 (mó shān jǐng qū) : site de Moshan
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Promenade sur la rive ouest du lac.


Qu Yuan (340-278 Av.JC), grand poete patriotique.

samedi, décembre 08, 2007

Yue Minjun (岳敏君)


Voici le tableau le plus cher de la peinture chinoise contemporaine. Mais c'est surtout une toîle qui a une histoire. "Execution", de Yue Minjun, est directement inspiré par la répression du mouvement démocratique de la place Tiananmen en 1989.
Ironiquement, l'artiste, devenu une des stars de l'art contemporain chinois, est quelque peu embarrassé aujourd'hui par la référence à Tiananmen. Lorsque le tableau a été vendu à un collectionneur jusqu'ici anonyme par une galerie de Hongkong en 1995, une des conditions de la vente était qu'il ne devait pas être montré en public, sous peine de mettre en danger l'artiste.
En octobre de cette année, la toîle a été mise en vente chez Sotheby's, à Londres, atteignant le prix record, pour une peinture chinoise contemporaine, de 4,1 millions d'euros.
Même si le contexte a changé et si l'artiste ne risque rien en raison de sa notoriété, il a tenu à prendre ses distances avec le thème de son oeuvre. "Je ne veux pas que le public pense à un lieu ou à un événement", a-t-il dit à CNN, avant de nier que le mur rouge dans le fond de sa peinture soit celui de la Cité interdite, sur la place Tiananmen... "Cette peinture exprime mes sentiments, ce n'est pas une critique", ajoute-t-il. Des précautions certes compréhensibles, mais qui ne trompent personne sur la nature de sa peinture.
D'autant que celle-ci s'inscrit directement, et délibérément, dans une page de l'histoire de l'art, en continuité d'oeuvres de protestation politique et de forte émotion collective exprimées par de grands artistes comme Edouard Manet ou Francisco Goya.
Mais à la différence des exécutés de Manet et de Goya, ceux de Yue rigolent, comme tous les personnages des tableaux de ce peintre chinois. Un rire en forme de défi aux fusils des bourreaux, qui ne sont d'ailleurs pas représentés sur sa peinture. Une pirouette géniale face à la peine capitale dont la Chine, rappelons-le puisque l'artiste ne le fait pas, détient le record du monde.
Source : Article de Pierre Haski pour http://www.rue89.com/

Quelques tableaux de Yue Minjun :

Dans nos sociétés policées, l’on oublie parfois l’un des rôles les plus gratifiants de l’artiste : témoigner d’une époque, la tourner, la figer - pour mieux susciter notre curiosité, notre réflexion.
Yue Minjun est de ceux-là. Ce célèbre peintre avant-gardiste chinois, né 1962, est l’une des figures de proue de la vague artistique ayant succédé aux manifestations estudiantines de la place Tienanmen en 1989.
Dans une Chine qui oscille entre tradition de philosophie bouddhiste et occidentalisation des modes de vie, Yue Minjun choisit de faire du rire l’empreinte, l’emblème de ses représentations picturales. Comme si le rire servait d‘échappatoire, de catharsis à la peur du lendemain, de l’inconnu…
Dans ses compositions de personnages hilares, le peintre se prend pour modèle, autoportrait seul ou démultiplié, dans une ambiance de couleurs acidulées – et toujours marqué d’un rire décalé, exagéré, presque grotesque, fou. Ce « réalisme cynique » ne procède pourtant pas d’une démarche insouciante. Yue Minjun s’appuie sur le thème loufoque du burlesque, pour exposer la facette sombre de la Chine, même si l’artiste n’ose le reconnaître.


Voir aussi son site http://www.yueminjun.com/

Tien An Men